Récit de ma nouvelle colonne bionique!

ll ne faut jamais sous-estimer l’impact que nous pouvons créer autour de nous…

February 5, 2024

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February 5, 2024

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Quand la « mécanique » décide de lâcher…

Depuis toute petite, j’ai toujours sauté et couru comme un lapin. Étant douée et très disciplinée, je pratiquais et excellais dans divers sports de compétition (patinage artistique, gymnastique, volley-ball, ski, etc.). Avec tous ces coups répétés que mon dos et mes pauvres vertèbres ont encaissés au fil des ans, combinés à une légère scoliose (déviation de ma colonne), il n’est pas surprenant qu’avec l’âge et l’arthrose, mon corps ait finalement lancé son cri de grâce ! Il s’était peu à peu habitué à la douleur, mais cette fois, le signal d’alarme était impossible à ignorer.

Je suis certaine que plusieurs d’entre vous ont déjà entendu ce message : « Arrête, ton corps te parle ». Sauf que pour moi, il n’y avait plus d’autre option que de m’arrêter net et de faire un choix rapide face à un diagnostic inquiétant : une scoliose à 38 degrés, trois disques prêts à sortir et trois vertèbres complètement désaxées.

Je n’ai de leçon à donner à personne, mais je me dis qu’en partageant la « journée » que je vis actuellement, mes réflexions et mon mantra, cela pourra peut-être résonner chez certains. Car qu’on parle d’une opération majeure au dos, au genou ou autre, cela déclenche tout un engrenage : le stress grimpe, les questions fusent, les lumières rouges s’allument et nos peurs s’invitent sans crier gare.

Période préopératoire : La quête des sommités

Pendant deux semaines, j’ai fait des recherches intensives sur les grands spécialistes de la colonne vertébrale à Mexico. Par chance, l’un de mes voisins est un neurochirurgien en fin d’internat. Il m’a chaleureusement recommandé à son professeur, le Dr Perez, l’un des numéros un de la ville. En parallèle, mon orthopédiste (qui m’a opérée de l’épaule en février dernier) m’a aussi orientée vers son partenaire, le Dr Noé Dimas Uribe, lui aussi parmi les tops et grands spécialistes de la scoliose.

Bernard et moi avons rencontré les deux équipes, armés de mes radiographies et de ma résonance magnétique. Les deux diagnostics étaient pratiquement identiques : il fallait redresser et stabiliser ma colonne tout en décompressant mes nerfs. Seules les approches différaient légèrement (l’une non invasive, l’autre ouverte). Nous avons été accueillis de manière très professionnelle et avons reçu énormément d’informations.

Mon cœur a finalement tranché en faveur du Dr Dimas, pour son immense expérience (environ 100 opérations par an), son côté profondément humain et sa vision. Malgré l’ampleur de cette chirurgie majeure, j’ai décidé d’aller de l’avant et de faire confiance. J’ai choisi « d’acheter » 25 ans supplémentaires de qualité de vie pour continuer à pratiquer toutes mes activités.

Le Dr Dimas m’a indiqué qu’il faudrait entre 6 et 8 mois pour un retour complet à la normale. Ma seule vraie inquiétude ? J’ai presque 65 ans… Comment vais-je me relever de tout ça ? Il m’a répondu : « Christine, tu es en forme, ça change tout ». Et moi de me dire : je suis une guerrière, et en plus j’ai un jaguar tatoué dans le dos qui représente un de mes piliers de protection spirituelle et énergétique et qui est mon gardien vers l’inconnu !

11 mai — Le jour J

En entrant dans la salle d’opération ultramoderne et super bien équipée, le Dr Dimas m’a accueillie et rassurée. L’anesthésiste m’a installée confortablement et m’a demandé quelle musique je voulais entendre. Je me suis endormie au son du Canon de Pachelbel, avec une douce pensée : je me promenais dans les sentiers le long de la rivière du Nord, et ma belle Myco marchait devant moi…

Le Dr Dimas et son équipe chevronnée ont fait un travail de moine : ils ont redressé et réaligné ma colonne en insérant douze vis et deux barres de titane sur six niveaux, entre L1 et S1. Partie pour le bloc vers 18 h, je n’en suis revenue qu’à 3 h du matin. Mon Bernard était mort d’inquiétude, car les médecins lui avaient initialement dit qu’en 3 heures le tout serait joué. Mais en tout, l’équipe — composée de 3 orthopédistes, une neurologiste, une traumatologue et une anesthésiste — aura mis 6 heures d’efforts intenses pour atteindre un taux de succès frôlant les 100 %.

Le réveil et les premiers jours à l’hôpital

De retour dans ma chambre, je me suis sentie entre deux mondes, massivement médicamentée contre une douleur extrême. Le médecin en chef, à mes côtés, a rassuré Bernard en lui disant qu’il était très content de l’opération et que tout irait bien. La première nuit et la journée suivante ont été pénibles. En me réveillant, je me suis rendu compte qu’on m’avait posé une sonde urinaire… clairement, pas question de me lever ! Ma main droite était connectée à un cocktail explosif : 7 antidouleurs, des antibiotiques, un anticoagulant, et un produit pour le mal de cœur. Alléluia, j’étais au paradis, ha ha ha !

La douleur restait intense. Je dormais, me réveillais une minute, puis replongeais. Bernard me mettait mes écouteurs avec de la musique méditative pour me calmer. J’ai même rêvé à ma belle Myco à mes côtés. Les infirmières passaient toutes les heures. Mon Bernard a passé la nuit à veiller sur moi, et j’ai passé ma première journée à dormir. À la fin du premier jour, les médicaments ont enfin commencé à faire pleinement effet.

Au Jour 2, plusieurs médecins sont venus pour les premiers examens. Tout allait bien, et je ne divaguais pas trop ! Bernard, toujours aussi attentif, courait à droite et à gauche pour acheter le nécessaire : marchette, fauteuil roulant, et de la bouffe réconfortante.Plus réveillée et de super bonne humeur grâce aux médicaments, j’ai passé une bonne nuit pendant que Bernard dormait sur la banquette.

Au Jour 3, Michelle, la physiothérapeute, est arrivée avec tout son équipement. La physio au lit a commencé : on a remobilisé mes jambes et mes bras en douceur. Je mangeais mieux, et les infirmières ont enlevé la sonde… place à la bassine et à la diète solide !

Au Jour 4, mon doc est venu me voir, super fier de moi. Il m’a annoncé que je sortais l’après-midi même ! Je l’ai regardé, ahurie : je ne m’étais pas encore levée et je ne marchais pas. « Ne t’inquiète pas, tout va bien se passer », m’a-t-il dit. Et il avait raison. Dès que Bernard a réglé la paperasse de l’hôpital et récupéré les médicaments, un assistant et deux infirmières m’ont aidée à m’habiller, me tourner, me lever et m’installer confortablement dans ma « Rolls-Royce » roulante. Et hop, en Uber vers la maison ! Une ride de 30 minutes dans un trafic dense, avec un chauffeur aux petits soins qui roulait tout doucement pour m’éviter les secousses. En arrivant au condo, nos agents de sécurité, Brian et Felipe, nous ont accueillis chaleureusement.

Post-opératoire : Dans l’œil de la tempête

Voilà déjà un mois que je suis à la maison avec Bernard, et la réhabilitation va bon train. Il y a des bonnes et des moins bonnes journées, mais je choisis de garder le cap, de faire taire mes « gremlins », de faire confiance et de rester positive. Tous les appels vidéo et messages d’amour que je reçois au quotidien de mes filles, de ma famille et de mes amis proches sont une source immense d’inspiration et de réconfort. J’ai été tellement gâtée : des repas à commander, une méga doudou de princesse, des plantes, des gourmandises, des petits mots d’encouragement… Je réalise la chance que j’ai, et tout cet amour me donne la force de revenir plus forte qu’avant. Merci 💖

Durant la première semaine, je n’ai pas eu d’autre choix que de m’abandonner entièrement aux soins extraordinaires de Bernard. Ne pouvant pas marcher selon les directives médicales, il m’a fallu accepter de l’aide. Se sentir vulnérable n’est pas facile, et se faire border comme un bébé l’est encore moins. La nuit, toutes les deux heures, Bernard se réveillait pour m’installer la bassine, me changer de côté parce que j’en étais incapable, me donner mes médicaments à heures strictes et masser mes jambes endolories. Durant le jour, en plus de son travail, il s’occupait de tout : repas, courses, lavage, ménage, pansements, douche, habillage et assistance pour la physio.

Vivre dépendante 24 h sur 24 m’a appris à être plus patiente (je me le répète souvent à haute voix…), à pratiquer la gratitude, être résiliente et persévérante. Et accepter de m’aventurer dans l’inconnu et de faire confiance au fait que tout irait bien.

Faire mes premiers petits pas dans les bras de Bernard a été une victoire immense…comme il disait, on dansait un genre de tango ensemble. Mon premier pipi dans la toilette, manger assis à la table : chaque petit gain comptait et me ramenait le sourire.

Le Dr Dimas m’écrivait sur WhatsApp tous les jours, parfois deux à trois fois, pour s’assurer que tout allait bien. Le travail d’équipe entre mon médecin et ma physiothérapeute à domicile est une recette gagnante. Au début, je faisais mes exercices en position semi-assise pour renforcer mes membres afin de pouvoir marcher plus vite, même si quelques pas par jour me demandaient un effort colossal.

Semaine 2 : Le feu vert

Mon doc, toujours fidèle au poste sur WhatsApp, a commencé à ajuster ma médication à la baisse et m’a enfin donné le feu vert pour me lever. Hourra ! Mes douleurs aux cuisses étaient constantes et assez intenses (un mélange de fourmillements et de petits chocs électriques dans mes fascias et mes muscles tenseurs), ce qui est tout à fait normal. Michelle a adapté les exercices en conséquence. L’utilisation du TENS (cet appareil portatif qui envoie de légères impulsions électriques pour déclencher les endorphines) combinée à la chaleur m’a énormément apaisée.

Avec l’aide de Bernard, on a enchaîné de plus en plus de pas de danse. J’ai enfin pu me fixer un objectif : 1 000 pas par jour dans l’appartement. Grâce à cela, je suis devenue plus indépendante : aller aux toilettes, faire ma toilette, m’habiller (avec un peu d’aide), me lever et m’asseoir avec la marchette, et faire des exercices debout. Je faisais une sieste de 2 heures chaque jour, et mes nuits oscillaient selon la douleur.

La cerise sur le sundae : une première sortie en fauteuil roulant, agrémentée d’un peu de marche, au parc Mexico et sur l’avenue Amsterdam que j’adore tant. Quel bonheur immense ! J’ai réalisé à quel point on tient ces petits moments pour acquis.

Semaine 3 : Bye bye la marchette

Nouvel objectif : 3 000 pas par jour. J’ai commencé à marcher une fois par jour dans le quartier avec Bernard. Out la marchette ! J’utilise désormais mes bâtons de hiking qui me sécurisent énormément. Ma marche est lente, mais je persévère, un pas à la fois. Mes voisins et les marchands du coin me saluent et m’encouragent au passage, c’est adorable.

Michelle a ajouté de nouveaux exercices : enfin, j’ai pu reprendre mon yoga de base, quel bien fou ! Mon doc a confirmé que je pouvais terminer mes antibiotiques et anticoagulants, et diminuer encore les antidouleurs. Il est ravi de ma progression, et moi donc ! Je suis aussi devenue autonome la nuit : je peux me tourner sur le côté, je me lève seule pour mes besoins, ce qui permet enfin à mon Bernard de faire de vraies nuits réparatrices. Le moral est excellent. Pour célébrer toutes ces victoires, nous nous sommes offert une sortie au zoo de Chapultepec !

Semaine 4 : Le grand test

Objectif : 5 000 pas par jour. Je suis inarrêtable ! Bernard dit que je dois quand même doser mes efforts, car lorsque je m’ambitionne trop, je le paye cher les deux jours suivants : je suis K.O. et j’ai mal. Je marche maintenant partout dans le quartier, je fais de petites courses, et j’ai recommencé à cuisiner, faire le lavage et un peu de ménage.

Bernard a dû partir à l’extérieur du pays pendant 4 jours. C’était la première fois que je me retrouvais seule. Heureusement, de bonnes amies sont venues me rendre visite, nos agents de sécurité ont veillé sur moi, et mes proches m’appelaient régulièrement.J’étais très fière de moi. Pendant cette période, j’ai tout de même eu une petite baisse d’énergie et de moral. Je me suis sentie seule d’un coup, les douleurs étaient plus présentes, je dormais moins bien, Bernard et ma belle Myco me manquaient énormément. Rien de tel que de s’enfiler des « séries de filles » à la télé pour se remonter le moral ! J’ai aussi repris le contrôle de mes courriels, de mes finances et je commence même à 

envisager la reprise de quelques contrats de sous-traitance dans le domaine de l’intelligence artificielle.

Ma physio oriente maintenant les exercices vers une refonte globale de ma posture. En réalignant ma colonne, tous mes muscles et tendons ont dû changer de place, ce qui crée une sacrée pression dans mon dos. Il faut assidûment les habituer à travailler autrement.

Le week-end venu, nous avons tenté une escapade en métro pour aller voir une exposition et un immense marché d’artisans. Quelle joie de revoir ces magnifiques poteries, tapis et vêtements traditionnels ! Note pour plus tard : je vais attendre un peu avant de reprendre le métro… J’avais oublié le nombre de marches à monter et descendre, sans compter les escaliers mobiles en panne ! Ouch, mon dos s’en est souvenu.

Et maintenant…

J’en suis à 6000 pas par jour. Mon médecin a retiré mes points. Ma cicatrice est superbe et n’a aucune infection grâce aux soins impeccables de Bernard. D’ici quelques jours, mon programme d’exercices va encore évoluer : nous allons travailler mes obliques pour corriger la posture, intégrer plus de yoga et de Pilates, augmenter mon endurance et ajouter de nouveaux appareils.

 

Pour l’instant, pas question de longs trajets en voiture, en avion et encore moins en moto ! Il ne faut surtout pas que je tombe ou que je fasse de niaiseries. Je reste focus sur mes objectifs, je garde un moral d’acier en acceptant le moment présent, et je laisse mes peurs de côté, car elles ne sont qu’un frein. Selon mon doc, je dépasse déjà toutes ses espérances et ses objectifs de réhabilitation. Il m’a même confié que j’étais entre 2 à 3 mois en avance sur ses autres patients !

 

Quant à moi, avec ma discipline et ma tête dure, j’ai un objectif clair : être complètement sur pied pour ma fête le 6 octobre, soit 5 mois pile après l’opération. Au programme : retour sur le terrain de pickleball, marche quotidienne de 6 à 8 km, yoga et Pilates comme avant, et même en mieux… Bref, sky is the limit !!!

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