Vive la folie des diables !!

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La veille du mercredi des cendres, c’est avec un cœur en fête que je suis partie avec des amis en direction de San Martin Tilcajete, près de Oaxaca Juarez, pour vivre le carnaval de la danse des diables.

San Martin est surtout connu pour ses alebrijes — des sculptures artisanales en bois de créatures hautement décorées, à la fois réelles et fantastiques, méticuleusement peintes dans des couleurs électriques. Et ce village est aussi reconnu pour ses célébrations plus qu’originales!

Dès que j’ai garé la voiture, nous avons été surpris par des bruits de cloches et par une comparsa / une parade de diables qui déambulaient allégement dans les rues du village au son d’une fanfare. Oh que la journée promettait !!

Les danseurs ne portent généralement que des shorts et recouvrent le reste de leur corps d’huile ou de peinture. Ils se peignent le visage ou portent des masques à cornes. S’ils ne portent pas de masques, ils utiliseront souvent des cornes de vache pour faire allusion à l’aspect du diable. Ils peuvent se peindre n’importe quelle couleur qu’ils choisissent, tant qu’elle est frappante. Cependant, trois couleurs principales sont utilisées : le noir, représentant la pègre ; jaune, représentant le monde terrestre ; ou rouge, représentant l’infini.

Tout dans cette tradition locale est attaché aux croyances zapotèques, préhispaniques.

Les couleurs sont préparées avec différents produits : ceux en noir font leur peinture corporelle à l’aide d’un mélange de carbone et d’huile ; la teinture jaune est faite avec du maïs jaune, de l’argile de terre et de l’huile de cuisine ; la couleur rouge est préparée avec de la poussière de brique mélangée à de l’huile.

La plupart des diables portent à leur ceinture des cloches pour ameuter le village de leur passage. Fait cocasse, les diables adorent venir frotter leur peinture sur les spectateurs… et ce qui devait arriver, arriva : je me suis retrouvé avec des marques de carbone sur mon visage et l’un des diables m’a invité à danser sous un rythme endiablé, et avec en prime une p’tite shot de Mezcal (que j’ai gentiment refusé, car un peu trop tôt pour moi ha ha ha) !

Tout au long de la journée, des parades de diables émergent au hasard dans les rues du village au grand bonheur des touristes. Célébration officielle au palais municipale qui explique comment les gens d’aujourd’hui à San Martín croient aux animaux spirituels. À la naissance, chaque personne se voit attribuer son animal protecteur — l’iguane est mon animal protecteur. Pendant le carnaval, on pouvait voir cette croyance représentée dans les costumes : les colliers et les masques symbolisent leurs animaux spirituels qui peuvent éloigner les êtres maléfiques et « se défendre d’être subjugués par le catholicisme ».  

Nous avons également pris une pause lunch au charmant petit restaurant traditionnel Almù. Une belle cuisine remplie d’arômes délicieux de mole, de divers légumes et de viandes braisées. Nous avons dégusté ce joyeux festin à l’intérieur d’un jardin magnifique agrémenté d’ouvres d’art local.

À la fin de l’après-midi, une grande danse finale rassemble toutes les familles de diables au son de la musique si colorée et endiablée du Mexique. Après la fin des festivités, les danseurs, et la plupart des autres résidents, recevront une croix de cenizas sur le front pour marquer le mercredi des Cendres.

Vraiment une expérience culturelle inoubliable !

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