D*aventure en aventure !

Perdus à Zacatecas
12 mai 2016
Un transit dispendieux!
29 mai 2016

Normalement nous devrions être encore au Mexique à visiter Chihuahua, les mines, les musées, etc. Mais le destin en a décidé autrement, car depuis maintenant une semaine nous avons traversé la frontière entre l’État de Chihuahua au Mexique et Santa Teresa au Nouveau-Mexique. Et c’est fou tout ce qui peut se passer en une seule semaine. Je vous raconte;

Notre sortie précipitée du Mexique

Il y a 1 semaine, la route a fait en sorte que nous rencontrions Leopoldo au Mexique. Bernard et moi sommes sur la route depuis le petit matin de Torreon vers la ville de Chihuahua au Mexique. Notre destination que j’avais planifiée est un campement protégé, et offrant quelques services pour y demeurer au moins 2-3 semaines. En approchant de notre point GPS, l’on découvre avec stupéfaction que le campement n’existe plus… Depuis trois ans. À la place l’on se retrouve dans une station d’essence Pemex offrant également un terrain de stationnement pour les arrêts des camionneurs. On décide d’arrêter pour réfléchir à un plan B. Pas très long pour moi de parcourir Google et de constater qu’il n’y a pas d’autres campements dans un proche rayon.

IMG_1910

Avec la permission du Pemex, nous décidons de passer la nuit ici, parmi les camions, les « bikers », les marchands ambulants, les étrangers, les chiens errants et les itinérants. Après s’être stationné on sort Myco, pour lui dégourdir les pattes. C’est à ce moment que Leopoldo s’avance vers moi. C’est un mexicain d’une cinquantaine d’années, vêtu simplement, avec un chapeau de paille et un large sourire. Je lui raconte dans un espagnol assez simpliste que nous recherchons un campement pour la nuit pas trop loin. À ma grande surprise, il me répond en anglais. Je lui demande spontanément s’il connaît bien la région et s’il pourrait nous indiquer une alternative. Il me répond bien poliment par la négative. Je lui demande alors où il a appris à parler si bien l’anglais.

Il me raconte alors son histoire. Il a toujours été très facile pour lui de traverser une ou deux fois par année aux É.-U., où il y travaillait « illégalement ». Il passait le reste du temps avec sa familleg02rr10 dans le sud du Mexique. Leopoldo ne s’était jamais embarrassé des « formalités » liées à l’immigration. Un peu plus d’une semaine avant notre rencontre, tandis qu’il travaillait sur un chantier de construction, les « Border Patrols » ont fait une descente et l’ont arrêté. En moins de 48 heures, il fut déporté vers le Mexique. Il se retrouvait donc à Chihuahua, les mains vides, car la déportation s’est faite si rapidement qu’il n’a pas eu la chance de contacter des amis. Il n’était aucunement amer. Depuis, pour vivre, il cherche simplement à offrir ses services de gardien aux camionneurs, et aux gens de passage comme nous. Il souhaite simplement amasser assez d’argent pour pouvoir se payer un billet d’autobus (environ 1500 pesos) afin de se rendre à Guadalajara pour retrouver le reste de sa famille. Il ne demande rien, si ce n’est que de pouvoir dormir en dessous de notre motorisé et de surveiller autour. Il m’explique qu’il dormira sur une petite planche de bois et sera aux aguets toute la nuit pour nous. Je regarde Bernard, mon cœur flanche. Nous acceptons.

Je commence l’installation pour la nuit et la préparation du souper. Nous offrons une assiette d’Osso Bucco avec un p’tit dessert à Leopoldo. Ah quel beau sourire! Il est heureux d’être là et de nous aider. Je vois qu’il a mis sa planche pour dormir tout juste en dessous de la porte d’entrée. Mon cœur soupire à l’idée que même ma chienne ne dort jamais dehors. Je cherche une couverture que j’offre à Leopoldo en lui disant qu’elle est à lui à présent, pour le tenir au chaud.

La journée a été longue et Bernard décide de se coucher tôt. Moi je ne m’endors pas du tout — je m’installe sur le banc à l’avant et je lis tout en regardant dehors ce qui se passe. Ça bouge beaucoup : la valse des camions, les chiens qui jappent, les bikers qui font la course… Et je vois Leopoldo au loin jaser avec un peu tout le monde au petit restaurant annexé au Pemex. Régulièrement je le vois aussi faire sa ronde autour de « Merci la vie », afin de s’assurer que tout est correct. Je décide d’aller dormir et indique à Myco qu’elle doit elle aussi monter la garde… Elle s’installe à ma place et prend très au sérieux son rôle. La nuit se passe bien. Au réveil, je sors Myco, et aperçois Leopoldo qui s’extirpe du dessous du motorisé et s’étire, comme si de rien n’était… moi qui ai dormi dans un lit super confortable et bien au chaud! Nous lui préparons un p’tit déjeuner gourmand et un bon café. Je lui remets aussi 200 pesos (c.-à-d. l’équivalent de ce qu’on aurait payé pour un terrain de camping) afin de le remercier pour avoir été notre gardien d’une nuit. C’est quatre fois plus qu’il n’a l’habitude de recevoir. Il accepte donc avec gène en me disant que ce n’est pas nécessaire. Je lui réponds que cela m’attriste beaucoup qu’il en soit rendu à dormir sous des camions. Il me dit simplement que cela le rend heureux de rencontrer des gens comme nous sur son chemin… Il me regarde dans les yeux et me dit doucement; je fais à partir de ma route et cela suffit à me rendre heureux. J’avais les yeux pleins d’eau. Je lui ai donné un câlin et un bec sur la joue. Nous avons ensuite repris notre route… Vers la frontière du Mexique et des É.-U. entre El Paso et Juárez.

IMG_5440

Voulez-vous danser un slow avec moi …

Notre passage aux douanes américaines s’est très bien passé, une petite fouille de routine et nous reprenons la route.

 

À peine quelques miles plus loin, l’avertisseur de pression des pneus se mets à crier. Le pneu arrière est dangereusement à plat. La chance nous colle aux fesses, je dis à Bernard, tu as 5 secondes pour prendre la sortie devant toi, il y a un truck-stop juste pour nous. Nous sortons inspecter les dégâts. Rapidement on voit qu’il y a comme une grosse vis qui a perforé notre pneu. Outch! Une vis qui perce notre pneu sur une super belle autoroute aux É.-U., alors qu’on roulait sur plein des routes hasardeuses au Mexique et qu’il n’est jamais rien arrivé! Dans ma tête je commence déjà à calculer les dépenses pour changer un pneu et tout le tra la la. Mais non.

Mon Bernard a plus d’un tour dans son sac, il achète un ensemble de réparation pour le pneu : une genre de « plogue » qu’il doit insérer dans le trou. Opération à pneu ouvert… En 15 minutes Bernard enlève la #¥£&@ de vis, mets la plogue, regonfle le pneu et nous voilà repartis. On surveille de temps à autre la pression… Le pneu tient bon!

 

Période de récupération à Los Cruces, N.M.

Sur la route aux É.-U. commence alors la valse des panneaux publicitaires de toute sorte, les centres d’achats, les McDo et compagnie, les rangées de maisons alignées en rang d’oignons, la propreté, achalandage sur l’autoroute… Tout va vite, trop vite. Après presque 5 mois au Mexique, nous devons reprendre pied dans la vie « moderne » et son rythme de fous. Déjà, je m’ennuie du Mexique. On décide d’arrêter pour souffler un peu dans la jolie ville de Las Cruces, juste en bordure de belles montagnes et du grand désert blanc (White Sands Desert). Même une tempête de grêle est arrivée au bon moment pour nous ralentir un peu!

 

Vélo mania avec Myco —

Période d’entraînement de Myco dans son boogie-woogie… Elle aussi à droit à sa pause, et nous ça nous permet de faire plus de vélo!

Moon walk White Sands Desert

Super belle journée que nous avons passé à gambader dans le grand désert blanc… Féerique et magique d’être entouré de gigantesques dunes de sucre blanc. Beauté immaculée malgré une chaleur accablante.

IMG_5655Vérité ou conséquence

Ce dimanche matin on a repris la route, direction Elephant Butte Lake. À 15 miles de notre destination, la sonnerie des pneus crie encore… La vérité c’est que la réparation du pneu nous a lâché. Encore une fois, on s’arrête facilement dans la ville « Truth and Consequence ». Le chum embarque sur son vélo et va chercher un kit plus costaud pour réparer le trou du pneu. Meilleures plogues, meilleurs outils. Et la conséquence (pas d’accord du tout!), c’est que Bernard a pogné une crevaison sur son vélo en revenant du Walmart… Oh misère! Il est temps qu’on arrive au campement!

Nous arrivons sans problème, on s’installe, et ohhh pas aucun signal internet en vue! Pourtant la carte de couverture AT&T indique qu’on est supposé avoir du 4G – niet que du E – donc pas assez pour le boulot. Dommage parce que le spectacle des montagnes est impressionnant. Demain matin, on reprendra la route vers Albuquerque, un peu plus au nord. En attendant, on vous offre un beau coucher de soleil!

Merci la vie xxx

IMG_5679

 

 

Translate »
Aller à la barre d’outils