J’ai mon voyage … long retour vers le Mexique !

En transit, dans la Transit …sur les routes vers le Québec
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Mode de survie en zone rurale au Mexique!
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Journal de bord entre le 13 sept. et le 1 oct.

Tout ce qui s'est vraiment passé sur la route ...
Depuis que nous sommes devenus résidents au Mexique (3 ans), nous faisons la navette aller-retour vers le Québec, afin de passer trois mois pendant la belle saison avec notre famille et amis. En juin dernier, nous avons pris la route pour la 1e fois avec notre Ford Transit mexicaine 2012, Mini “Merci la vie”, avec en plus notre Honda Fit que l’on voulait vendre au Québec. Cette aller nous avait amené son lot de problèmes avec un bris majeur de notre système d’embrayage, notre refroidisseur d’huile qui coulait (longue histoire de réparation au Québec), micro tornades, pluie diluvienne… mais on s’est rendu avec un “déplumage” du portefeuille inclus! Attendez de lire ce qui s’est passé au retour en septembre … Outch!
 
Toujours est-il, qu’à la mi-septembre, il est temps pour nous de reprendre la route vers Oaxaca au Mexique (environ 6000 km avec des arrêts ici et là). Avec tout ce que nous avons parcouru au Mexique depuis 5 ans, Oaxaca est notre état coup de coeur. Nous allons expérimenter pour la première fois de louer une maisonnette (située à San Francisco Lachigolo - 20 min de la magnifique ville Oaxaca Juarez - patrimoine Unesco), pour une période d’un an, tout en poursuivant nos découvertes avec des mini roads trip à bord de Mini “Merci la vie”.

Vendredi 13: nous aurions peut-être dû nous méfier, pourtant nous n’avons point vu de chats noirs …

Nous avons quitté les Laurentides aux aurores, vers un premier arrêt à Kitchener, en Ontario, où notre bon ami Richard nous attendait avec souper festif et un gîte pour la nuit. Nous sommes tous les deux excités d’expérimenter pour la première fois le “Van Life”. Je conduis pour la journée, Bernard doit travailler. La route est belle, il fait un soleil radieux, je sirote mon café.
 
Après 400 km de route, on fait un court arrêt pour le lunch, sur le bord de la route, et notre belle poilue à quatre pattes, Myco en profite pour courir dans un grand champ. Je reprends le volant par la suite. J’ai soudainement entendu un bizarre de bruit en provenance du capot. Comme une vieille machine à laver dont le tordeur grince des dents ! J’avise aussitôt mon co-pilote. Puis le bruit devient très fort, et une brusque perte de vitesse survient. Vite, que Bernard me dit, “pull over”. Avec l’application “diagnostique” sur son cel, il me dit bien tristement, que le turbo, du moteur diesel de Mini Merci la vie, vient de rendre l'âme.  On se regarde tous les deux, la mine déconfite. On savait que le turbo était un peu mal en point, mais on n’avait pas prévu le coup que cela arrivait maintenant! Surtout que pendant l’été, nous avions commandé des pièces du Mexique pour faire remplacer le système d’embrayage et le refroidisseur d’huile qui avaient “mourrus” en juin dernier. Près de $3550. que l’on avait dû débourser. On pensait bien qu’on aurait un break pour faire réparer le reste au Mexique. Car voyez-vous, tout ce qui brise sur notre Transit, eh bien, on doit, soit la faire réparer au Mexique ,ou faire venir les pièces lorsque nous sommes à l’extérieur du pays - Yep madame, because cette une p’tite Transit mexicaine (produite en Allemagne pour la revente au Mexique). Et ça, quand nous en avons fait l’achat en avril dernier, eh bien, on ne le savait pas. On pensait faire un bon coup: une Ford, c'est supposée d'être réparable partout et d'être pas compliquée … non, c'est pas ça pour nous malheureusement!

Revenons à nos moutons, donc nous sommes dans un endroit perdu en Ontario, un peu pas mal découragés. Je fais une recherche rapide, et trouve un concessionnaire Ford à 10 minutes de nous. On décide qu’on prend la chance de se rendre. On repart avec ce fichu de bruit de tintamarre, à très basse vitesse (60 km). Au garage, nous expliquons notre situation au personnel qui est super gentil. Notre transit se retrouve en diagnostique et on nous confirme, qu’on peut rouler, lentement pendant pas mal de KM. On décide de nous rendre à notre point de rencontre chez notre ami Richard situé à 200 km du garage, et de là s’ensuivra la suite des évènements. Nous voici donc, sur la route, aucune puissance, on roule à 80 km, les feux de signalement qui clignotent. Pas besoin de vous dire qu’on a relaxé en compagnie de notre ami, le soir venu.

Samedi 14 septembre:

Pendant que je reprends le volant, Bernard s’occupe de commander la pièce pour remplacer le turbo avec le garage Ford de Nuevo Laredo, le long des frontières mexicaines, au Texas. Et puis tant qu’à faire, on commande aussi le EGR (exhaust gaz recirculation) qui faiblit depuis un tit bout de temps. Je vous passe les détails de cette commande. Tout se fait en espagnol, et on a la chance d’avoir notre ami Mark, basé au Mexique, qui nous aide par l’entremise de l’application “Whatsapp”. Une chose que vous devrez aussi apprendre, si un jour vous venez au Mexique: rien n’est compliqué, tout est simple, et tout est promis pour mañana (demain). Le verdict: l’on devra attendre au moins une semaine avant que les pièces arrivent au garage de Nuevo Laredo. Aille!!!. Et ça “déplumera” encore plus le portefeuille. Au point ou l’on doit annuler notre cadeau de fête en amoureux: 4 jours au Jardins Edward James et une virée dans les Grutas Tolantongo situés dans l’état San Luis Potosi … Partie remise au printemps prochain. On brainstorm rapidement un nouveau plan d’action avec ce fichu délai de 1 semaine. On planifie des arrêts clés sur notre route jusqu’aux frontières, en se disant qu’autant rouler le plus de km durant le weekend (on ne travaille pas) et autant aussi se reprocher de la frontière du Mexique. 3100 km à faire - go go go !
Et puis les frontières US à Détroit au Michigan … Bernard conduit. Dès que nous sommes arrivés à la hauteur de l’agente US, avec les lèvres aussi crispées qu’un congélateur, je savais qu’on serait fouillé. On lui remet nos cartes Nexus (bons voyageurs, sans problèmes). Puis s’en suit une série de questions. Et la question qui tue: où demeurez-vous? Bernard répond au Mexique (car il est résident du Mexique et non résident du Canada), et moi je répond: au Québec (car je suis résidente du Mexique et encore résidente du Québec). Oh la la, vous auriez dû voir sa face. Elle dit: vraiment, comment vous vous êtes connus? Eh bien nous sommes mariés que dis-je! Et vous ne restez pas ensemble qu’elle répond, ça ne se peut pas. Et moi qui lui dit: eh bien oui, nous sommes tout simplement différents, c’est tout!

Et vlan, elle nous dit: pull on side. Une fouille complète est effectuée par des agents bêtes comme ça ne se peut pas, on se sentait comme des criminels. Bernard a été envoyé à l’intérieur pour interrogatoire. Pendant ce temps, les agents bêtes voulaient absolument que je m’éloigne de la van pour la fouille et que notre Myco soit enfermée dans une cage. J’ai eu beau essayé, la pauvre tremblait de tout son être… elle ne voulait pas entrer dans cette maudite cage. Et les agents qui me criaient après pour que je la force. Et moi qui n’a pas ma langue dans ma poche, je leur ai dit …ARRÊTER DE ME CRIER APRÈS!!!! Vous êtes bêtes comme vos pieds, et vous n'avez aucun respect. Un des agents est venu vers moi et me demande de répéter: et je répète calmement ce que je viens de dire en le regardant droit dans les yeux. Aucune excuse de sa part, juste “ we are the law and we are in position of authority”. Je lui dis: C’est pas parce que tu as une position que tu dois oublier c’est quoi le respect. Il m’a foutu la paix ensuite. Cinq minutes de fouille et nous étions partis. Juste de la grosse frime!!!

Nous avons parcourus 1000 km à 80 km/h ... c’est long en titi pour faire notre premier dodo à quelque part au Missouri dans un resto café tranquille.

Dimanche 15 septembre:

Au petit matin, on reprend la route. On roule comme une tortue, mais ça va. Arrêt lunch, il fait pas loin de 39 Celsius à l’extérieur. Pas dans notre habitude de laisser rouler le moteur, mais pas d’ombre, il faisait trop chaud. Donc le moteur tourne au neutre une vingtaine de minutes, le temps de casser la croute. On nettoie rapidement, et je repars en embrayant marche arrière. Rien ne va plus, le moteur s’emballe. Nous avons entendu un bruit fort venant du moteur, suivi d'un énorme nuage de fumée blanche. J’arrête le moteur. On se regarde en pensant tous les deux à la même chose: est-ce qu’on vient de sauter le moteur???

Nous sommes à une heure de Memphis. Je consulte encore une fois Google: Ford Dealer à 3 minutes. C’est dimanche midi. Il est fermé. Y fait chaud. Étant donné que notre turbo nous avait abandonné deux jours plus tôt, nous craignions que la situation empire. On tente de repartir le moteur, tout d’un coup qu’il n’est pas mort. Vrooummmm, il ronronne et crache encore de la grosse boucane et se calme un peu. Ouf! On roule jusqu’au Dealer Ford de Blytheville et on se gare sous l’abri de courtoisie, à l’abri du soleil. Nous sommes assis devant la fatalité que ça ne va pas du tout. Faut rester zen. On brainstorm des solutions et on mange du chinois. On décide de passer la nuit dans le stationnement du garage pour attendre lundi matin que le service nous reçoive. Suspense de la nuit: on jongle concernant le verdict si l’aventure s’arrête ici ou on continue jusqu’à l’autre garage au Mexique (Laredo Nuevo).

Lundi 16 septembre:

Après une nuit très chaude et longue (35 Celsius), le garage ouvre enfin ses portes à 7h. Donna, au service, nous a immédiatement planifié pour une inspection rapide. Nous voulions nous assurer que nous n'avions pas aggravé la situation. Il s'est avéré finalement que de l'huile s'était échappée du turbo par un joint qui s’était fendu. L’huile accumulée a fait en sorte que le moteur s’emballe. Nous avons déjà commandé le nouveau turbo et l’installation se fera au Mexique la semaine prochaine, mais nous étions heureux que Cannon Ford ait pu jeter un coup d’œil rapide et confirmé que nous n’étions pas pires que la veille. Ils ont recommandé de garder un œil sur notre niveau d'huile. Mieux encore, ils ne nous ont pas fait payer le diagnostic. Donc, tous les 100 km de route, nous nous arrêtons pour vérifier le niveau d’huile et nous faisons le plein si nécessaire.

Et puis, autre changement. Notre ami Mark, nous fait prendre conscience, qu’il y a une vague de chaleur extrême du centre au sud des USA, environ 95 F à 105 F) Outch, on devra oublier le boondocking je crois. Bernard prend le volant, et je cherche ce qui est possible: calculer distance approximative pour un arrêt vers un camping incluant les services. KOA San Antonio, Texas sera notre choix. Et pour le soir qui vient, un dernier truck stop avec douche.

Mardi 17 septembre:

On se dirige vers Austin, où nous ferons un court arrêt pour prendre possession des moustiquaires de portes latérales et arrières que nous avions commandés. Toujours à 80 km/h (et 40 km /h en montée), on roule tout en crachant de la boucane noire, et en ajoutant au 150 km de la nouvelle huile. Y’a pas à dire, on se fait remarquer, mais heureusement, pas par les policiers! On arrive enfin au campement KOA de San Antonio, Texas, pour un arrêt de 6 jours bien mérité. Pas le choix, car nous attendons que nos pièces arrivent à notre garage Ford du Mexique. Après 5 jours à conduire des millier Km en mode tortue, des points de stress partout, le toilettage à la débarbouillette, du junk-food, et puis surtout respirer les vapeurs de “Chanel-huile-diesel”... (y’a de la suie noire partout dans la van) ... et ben on avait grandement besoin d’une pause, douche chaude, bon repas avec cerveza et vino et du repos! Eh oui….kechin kechin $$$ au portefeuille aussi.

Mercredi 18 septembre:

Le calme plat.

Jeudi 19 septembre:

Hot day à San Antonio avec un 100 F ... popote sauce spag et on installe nos moustiquaires custom made que l’on vient juste de recevoir pour passer une nuit un tit peu moins torride. Ah oui y’aura une trempette dans la piscine avant le dodo aussi .

Vendredi 20 septembre:

Je ne sais pas ce que l’on a fait pour attirer sur nous les problèmes depuis que nous sommes sur la route vers le Mexique, mais hier soir nous avons essuyé une tempête tropicale accompagnée de vents violents, d’une durée de 2h. Branle bas de combat pour rentrer l’auvent et tout ce qu’il y a dehors. La van est congestionnée. La pluie est si forte que l’eau s’infiltre par la porte coulissante. Pendant 2h, on essuie et ramasse l’eau qui ne cesse de « rigoler » sur la porte et le plancher. Toutes les fenêtres fermées et la ventilation de plafond au minimum... On cuit comme dans un four, car il fait encore 95 F à 21h. Lentement la tempête s’éloigne et nous finissons de nettoyer et de réouvrir portes et fenêtres. On s’endort mort de fatigue.

Le lendemain matin, on analyse les dégâts: la porte recouverte de bois se délamine sur les rebords (avec la grosse chaleur, elle c'est finalement replacée après 2 jours), tapis et serviettes trempés à lavette, sol boueux, arbre déraciné et beaucoup de grosses branches cassées tout près de nous. Mais il y a cette petite fleur violette sur notre terrain qui a tenu le coup. Comme quoi il ne faut pas se décourager, mais bien faire confiance.

Lundi 23 septembre:

Ça se peu juste pas … il ne nous est rien arrivé depuis 3 jours ! Juste que nos pièces mécaniques prendront un peu plus de temps que prévu pour arriver - jeudi qu’on nous promet.

Mardi 24 septembre:

On reprend la route, pour se rapprocher de la frontière encore plus. Nous sommes toujours en mode tortue. La route se passe bien malgré tout. Dodo au centre d’information de Laredo. Des gros camions stationnés partout et qui ronronnent le diesel. On se met à l’entrée pensant bien faire … ben non! Passage de train à chaque heure! Pas dormi beaucoup!

Mercredi 25 septembre:

Nous avons passé les frontières du Mexique avec succès. Quelle belle différence de se faire accueillir par des agents souriants et chaleureux - Viva Mexico ! On se rend au garage Ford de Nuevo Laredo, question de faire acte de présence. Ils nous attendent dès jeudi matin à 8h20 précise afin de remplacer nos pièces défectueuse ! 

Du 25 au 27 septembre:

Gâterie à l’hotel Fiesta Inn de Nuevo Laredo. Notre Mini Merci la vie est en chirurgie de 48h. C’est l’attente. On en profite pour travailler et se mettre à jour. Myco récupère des grosses chaleurs, elle s’adapte facilement à la vie d’hôtel!
 
 

Puis en début d’octobre;

Nous reprendrons “Merci la vie” notre gros VR de 40’ qui est en storage au lac Chapala, que l’on déplacera pour quelques mois dans l’état de Oaxaca, où nous louons une maison. Il nous reste un 1000 km avant d’arriver… on a vraiment hâte de s’installer dans notre maisonnette à Oaxaca et de vous partager d’autres aventures que nous auront sur la route !
 
Et puis, dans toute cette aventure, il y a eu aussi beaucoup de positif:

Nous avons fait de belles rencontres (hello Candy and Linda), expérimenter à fond l’ergonomie de notre Transit que l’on adore - très agréable d’y camper. et surtout à peu près tout ce que l'on a créé à bord, fonctionne à merveille (notre cuisine est super performante, le rangement est génial, le lit très confortable, je ne pourrais me passer de mon p'tit coin toilette, la ventilation de toit a fait sa job de bien nous rafraîchir etc ...). Bon, on jase là; j'ai aussi quelques "bleus" sur les bras, parce que je ne suis pas tout à fait habituer à notre nouvel habitacle, et puis avec tout le stress que l'on a vécu à cause des problèmes mécaniques, il y a eu aussi des prises de becs entre le gars pi la fille... mais Myco nous a toujours ramener à l'ordre avec un gros coup de langue et des câlins. À bientôt!

Les frais non prévus de cette folle aventure: $4785.

  • Garage: $4,000.
  • Hôtel Fiesta Inn (2 jours): $170.
  • Campement San Antonio (7 jours): $265.
  • Nourriture: $350

1 Comment

  1. BERTRAND NADEAU dit :

    Très très intéressant votre périple du Mexique au Québec et votre retour au Mexique. C’est vrai que les voyages forment la jeunesse et la vieillesse, mais des fois çà coûte cher.

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